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Le veuvage "classique" |
Extrait
du livre de C.G. Van der Linden "Le pigeon voyageur"
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| Les origines et les avantages | |
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| Au printemps |
Séparés
de leurs femelle vers la fin de l'année, les futurs veufs sont remis
en ménage entre le 15 février et le début de mars. Généralement
ils élèvent un jeune à la première nichée, et ensuite, après une
dizaine de jours de couvaison, les femelles sont mises en volière
: le veuvage commence. La question de l'élevage, avant le début
des concours, est controversée. Il est des amateurs qui n'en veulent
pas, sous prétexte que la fonction de nourricier fatigue le pigeon
et lui enlève, ainsi, une partie des réserves qu'il a accumulées
en hiver. Ensuite, l'élevage précipite la mue. Nous avons fait des
essais nombreux et nous pouvons dire que l'élevage du printemps
n'est pas nécessaire... si l'on ne désire jouer qu'une saison !
Mais, au bout de deux saisons, le mâle faiblit, s'il n'élève pas.
N'a-t-on pas vu les grands amateurs - au temps où la différence
entre grands joueurs et amateurs ordinaires était énorme - mettre
leurs meilleurs sujets au repos et à l'élevage une saison sur deux
? Pour que le veuf dure, il faut lui permettre d'élever des jeunes.
Il est des veufs, qui n'élèvent pas du tout, ni avant, ni après
la saison de jeu : c'est proprement absurde et à ce système
le sujet le plus solide et le mieux équilibré est guetté par la
dépression nerveuse. Nous avons poussé plus loin les expériences.
Depuis la fin de la dernière guerre, nos veufs élèvent d'abord une
nichée complète : deux jeunes, puisque la nature détermine exactement
le nombre d'oeufs que pond la femelle. C'est une méthode de triage
à peu près infaillible, car le mâle gui faiblit à l'élevage
n'a pas l'étoffe d'un bon voilier. Au deuxième nid, nous laissons
un jeune, nous séquestrons la femelle quand ce jeune a 10 jours
et ainsi nous commençons le jeu sur demi veuvage. Cette variante
du veuvage est utile pour l'équipe destinée au long cours, puisque
ainsi les veufs restent plus calmes et ne montent en grande forme
qu'au moment opportun, quand les beaux concours commencent. La mise
au veuvage sur oeufs se fait comme suit: on commence les dressages
et au retour du premier concours les mâles ne retrouvent plus leurs
femelles. Ils reprennent leurs oeufs un jour ou deux et, ensuite,
les abandonnent. Cette façon de procéder provoque une excitation
sexuelle chez les mâles, ils mangent mal et, si les résultats des
deux premières étapes sont souvent brillants, il n'est pas rare
de voir ces veufs rutilants et nerveux s'effondrer au bout de peu
de temps. |
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| Premiers dressages | Au retour on laisse le couple ensemble, tout en évitant les rapprochements, et on saisit le mâle, au momet où il "rappelle" tout doucement sa moitié. En rentrant de voyage les veufs sont accueillis fenêtres grandes ouvertes et femelles au casier. Le couple peut fêter en toute liberté l'heureux retour. Il ne faut pas enlever trop tôt la femelle, car il faut que le mâle en ait... pour sa peine. La présence de sa femelle, c'est la récompense de l'effort qu'il a fourni. La semaine suivante on peut recommencer les petits dressages, sauf si l'on joue à bonne distance. Dans ce cas mieux vaut ne pas forcer la dose. |
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| Les concours | On joue parfois les veufs, fin juillet, en chasse à nid. Pour cela il faut qu'ils soient en excellente condition et que l'étape qui les attend ne comporte qu'une journée de vol : 700 km au maximum. Quelques heures avant le départ on leur donne leur femelle, on laisse faire une petite volée et, ensuite, on enferme les couples au casier. Par ciel clair et temps relativement facile, on réussit parfois ainsi un coup d'éclat. Il est des mâles qui ont la passion de l'élevage : à ceux-là on passe un jeune fin juin et, une deuxième fois, fin juillet. En général, ils gavent ce jeune et on voit reprendre une nouvelle forme. Surtout le veuf de cinq à sept ans s'accommode parfaitement de cette variante du veuvage. Enfin, on peut couper la période de veuvage par une période d'élevage. Cela se fait, surtout, par les amateurs qui ont plusieurs équipes. Une équipe, accouplée tôt, est au veuvage du 15 avril au 15 mai, la suivante du 15 mai au 15 juin, la première recommence du 15 juin au 15 juillet et la deuxième termine la saison, en prenant le relai au 15 juillet. C'est évidemment du sport de professionnel car l'amateur ordinaire n'a ni le temps ni les installations pour employer des méthodes aussi compliquées. En principe le veuvage ne doit durer que de deux mois à dix semaines. C'est pour cela que le colombophile limité par le temps, ou désireux de jouer uniquement les grandes épreuves, commence le veuvage fin mai et termine le jeu fin juillet. Ces deux mois doivent lui suffire pour établir ou maintenir sa réputation. |
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A
suivre... le mois prochain les volées et l'alimentation des
veufs... |
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