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La défense s'organise ...

 


    M. Jean-Luc Dernoncourt, à qui le président national a confié le dossier, continue à travailler d'arrache pied pour trouver une solution efficace à ce grave problème que rencontrent malheureusement de plus en plus de colombophiles. Le chemin qu'il trace depuis de longues semaines sera long mais il a la ferme intention d'en voir le bout. Il a récemment envoyé un dossier complet très étoffé aux différents ministères concernés en l'occurrence ceux de l'Écologie et de l'Agriculture.
 Ce rapport d'enquêtes sur la prédation des pigeons voyageurs par les rapaces doit absolument attirer l'attention des responsables politiques. Il a, de plus, adressé quelques témoignages accablants relatant le désespoir des collègues colombophiles ainsi que des rapports de démarches entreprises par les fédérations européennes.

    Dans ce rapport de plus de 15 pages que je vais tenter de vous résumer, il présente en introduction l'histoire du pigeon, celui qui rendit au fil des siècles de multiples services, qui fut cité à l'ordre de la nation et à qui un musée est consacré (Mont Valérien). Symbole de paix, liberté, amour et amitié, protégé par la loi, il réunit les gens de tout milieu social et est l'auteur de belles histoires à grande émotion. Il développe ensuite ses propos en présentant la situation actuelle concernant ce problème et la place des rapaces dans notre environnement.

" l'Homme, écrit-il, a depuis très longtemps considéré les rapaces comme espèces concurrentes. Il en a même décidé l'extermination à partir de la 2ème moitié du 18e siècle. Les raisons étaient simp1es ; ces rapaces se nourrissent de petit gibier et d'animaux de basse cour, tel le pigeon, Certains rapaces sont capables de venir se nourrir exclusivement sur les colombiers. Une étude allemande signale que la moitié des proies du faucon pèlerin sont des pigeons domestiques.

     Cette destruction de rapaces n'avait ému personne jusque dans la 2e moitié du 19e siècle ; la loi a évolué depuis (mouvement écologique vers une protection absolue des rapaces d'où une remontée incroyable des effectifs, au point que la nuisance de ces animaux est devenue insupportable pour nous .
Les colombophiles ne doivent pas faire les frais d'une politique de gestion du patrimoine naturel intensive et contradictoire ! écrit-il encore. II est grand temps de procéder à des tirs sélectifs afin de diminuer cette population (faucon pèlerin, autour des palombes et buse variable).

    Les rapaces sont-ils en surpopulation ? 
En considérant qu'il y a 1000 couples de faucons pèlerins en France (chiffre certainement sous estimé), cela représente une prise annuelle de 230.000 pigeons !
Les colombophiles baguent de plus en plus de pigeons pour compenser les pertes, cela fait d'autant plus de proies pour les nouveaux couples de faucons pèlerins !!!
Le colombophile ne compte pas ses heures ni son argent pour donner les meilleurs soins, Chaque pigeon est unique et une relation intime se noue...
Il s'adresse aux 20 000 000 français possédant un animal familier:
Imaginez que votre chat, votre chien ou  votre cheval se fasse tuer dès qu'il sort. Quels seraient vos sentiments vis à vis du prédateur sauvage qui vous priverait de votre compagnon ? 
Les trois espèces essentielles, le faucon pèlerin, l'autour des palombes et l'épervier sont présents toute l'année et s'attaquent à hauteur de 50% aux jeunes pigeons nés dans l'année.
Il faut aussi savoir qu'aux alentours de Cahors, on trouve un couple de faucons tous tes 3 km !!! Cette région du Quercy est un véritable enfer pour nos pigeons, Les oiseaux attaquent sans aucun problème nos pigeons pourtant véritables athlètes ailés. Les prises se font au hasard. Ils provoquent d'énormes dégâts.

    Le pigeon voyageur, explique-t-il encore, est plus soumis aux rapaces que le pigeon sauvage car il vole pour le plaisir et est alors plus vulnérable. Durant la saison colombophile il est lâché de 100 à 800 km car il est fait pour parcourir ces distances, et les rapaces les attendent comme des chasseurs à l'affût.

 I est, d'autre part, faux d'affirmer que le rapace n'attrape que l'oiseau faIble. Après avoir traité de l'influence de la couleur du pigeon pour les rapaces, expliqué l'étude sur le taux de perte au cours des entraînements dans une région riche en rapaces (c'est accablant), l'étude sur la taille du vol des pigeons et l'heure du lâcher, il insiste sur les conséquences des dispositions législatives (loi sur la protection des rapaces : 1976) et la méconnaissance totale de la réalité du terrain des décideurs.

Il écrit encore ceci :
Le fait de surprotéger une espèce de tueurs pour sa pérennité est une gestion partisane et irresponsable. Les résultats flatteurs sur les population des rapaces semblent réjouir des inconscients qui ont atteint leurs objectifs, en prônant les enjeux écologiques, au détriment du reste de la nature.

    Approche nationale 
Dans sa lettre du 1er septembre 2003, Madame Le Ministre mentionne un effectif de 900 couples de faucons pèlerins et 3000 couples d'autours, chiffres qui sont forcément sous estimés sur une année, les chiffres de prédation sont les suivants, en ne tenant compte que des rapaces répertoriés :
* 3900 couples soit 7800 oiseaux de proie : qui tuent environ 1 proie tous les 2 jours soit sur une année 7800 unités  x 182 jours (365 : 2) = 1419 600 massacres pour une alimentation générale de ces voraces.

    " Dans notre région de Haute Savoie pour 15 colombophiles, la moyenne est de 60 pigeons tués par an et par colombier. soit 900 pigeons au total (ceci dans l'environnement du colombier, sachant que les pigeons ne volent pas tous les jours et que les heures de sorties sont diversifiées). En France, nous sommes 20 000 affiliés à la Fédération Colombophile. Le chiffre funeste est impressionnant, il s'établirait environ à 500 000 prises. 
Je vous relate une anecdote vécue le 26 juillet 2003, à 8h30 par beau temps, j'ai lâché 65 pigeons déjà bien entraînés à 25 km de chez moi (Douvaine). Dès leur sortie des paniers, ceux-ci ont été attaqués par un faucon pèlerin venant de la direction de Thonon les Bains, le groupe s'est éclaté et le rapace est parti avec un de mes pigeons dans les serres. Mon premier pigeon est rentré à 17h05. Trois sont rentrés le soir, 19 dans la semaine, 2 ne m'ont été signalés morts, il en manque toujours 39 !
Un bon pigeon âgé de plusieurs années ayant à son actif des milliers de kilomètres de vol ne disparaît pas comme cela sans raison dans des étapes les plus courtes et souvent plus faciles.
Le ciel n'appartiendrait-il qu'aux rapaces toutes espèces confondues.
Il n'est pas précisé qu'il était ou n'était pas possible de se défendre en cas d'attaque domestique. Il n'est pas concevable que le législateur ait oublié cette situation bien réelle ! Serons-nous obligé de faire naître des centaines de pigeons par colombier et ouvrir notre porte monnaie pour nourrir gratuitement ces rapaces en ne percevant aucune indemnité, faut-il que nous disparaissions du paysage ?

    Conclusion :
Nous voulons que des mesures soient prises. Nous n'acceptons plus l'hypocrisie de cette situation à des fins idéologiques, soit disant écologiques.
Les moyens de régulation et de prévention doivent être fixés par le Ministre de l'Écologie et du Développement Durable qui s'engage à trouver des solutions en rapport avec la situation actuelle que nous vivons.
Il faut mettre en place des mesures sélectives pour ces oiseaux de proie tout en assurant leur pérennité.
Si aucune mesure n'est envisagée, cela se traduira par une diminution du nombre des colombophiles et de fermetures de colombiers.
Nous sommes déterminés dans cet engagement et nous attendons des propositions concrètes avant toute autre démarche. Les lois sont faites pour être modifiées et adaptées au fil du temps. Nous demandons l'aide de l'État pour que vive la colombophilie qui est reconnue d'utilité publique.

Témoignages

    Je portais fièrement le n°391 429.

On l'appelle rapace et il m'a tué, plumé et mangé tout simplement lorsque je faisais ma sieste. Je portais fièrement le n°391 429 et j'étais né cette année en janvier et, un jour, mon nouveau propriétaire est venu me chercher au marché d'Arras. Je devais être beau car il m'avait choisi parmi tant d'autres. J'avais beaucoup de chance : j'ai découvert mon nouveau pigeonnier "flambant neuf", mes nouveaux copains, mes nouvelles copines et Victorien. Qu'il était gentil ! Sa prise en mains était douce et il me parlait toujours. Il me disait qu'il me ferait visiter la France : la Loire, la Seine, les grandes plaines et la tour Eiffel. J'étais heureux...
Quand, par un beau matin, après ma petite volée, par une belle journée de printemps, j'ai décidé de faire une petite sieste dans le gazon frais qui entoure mon beau pigeonnier, où il faisait bon vivre, j'ai soudainement ressenti un choc d'une telle violence, une douleur terrible... et mes yeux se sont troublés. En une fraction de seconde, j'ai vu défiler toutes ces choses dont Victorien m'avait parlé. Et puis, plus rien !
Je me suis retrouvé au paradis des pigeons, où j'ai rencontré d'autres pigeons de Victorien. J'étais le cinquième sur la liste !
Moralité : Si j'étais encore avec Victorien, j'inviterais les pigeons du monde entier à ne plus jamais faire la sieste les yeux fermés au risque d'être eux aussi sur la liste !
J'ai oublié de vous dire : Victorien a 15 ans et habite Escaudain en 1e région.

    Chez moi (TDJ) dans le Nord, à Gussignies :

Un garde-chasse m'a renvoyé une dizaine de mes bagues-adresses. Il les avait ramassées sous un nid de faucon, dans la forêt Mormal , du côté de Villereau, à 15 km de chez moi.
Avec de nombreuses autres bagues bien sûr ...
Soit ce faucon les chasse au vol quand ils reviennent des concours, car je n'entraîne jamais, soit il vient les prendre chez moi; il aurait alors un territoire de chasse d'au moins 15 km de rayon.
Je penche plutôt pour un long rayon d'action, car je l'ai déjà vu poursuivre mes pigeons.