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par  Serge LEDUC

Rémy Figoureux
 de West Cappel

                      Dans le Nord ... 


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Reportage de Serge Leduc      

Le meilleur jeune colombophile 2004

 


    Le Cerbère qui garde l'entrée de la propriété n'a pas l'air commode. Personne à l'horizon. Je vais me résoudre à klaxonner (ce n'est pas très élégant). La réponse sous forme d'aboiements me vient de la banquette arrière. Je traduis : ne t'en fais pas, patron, je suis là. Ce n'est pas un beauceron, aussi féroce soit-il, qui va m'impressionner, foi de berger allemand. Bon, bon, on se calme. On va descendre, on verra bien. Et comme par enchantement, une dame apparaît en tenue de travail. Il faut vous dire que je me trouve à l'entrée d'une ferme consacrée à l'élevage. " Bonjour Madame. J'ai rendez-vous avec Rémy Figoureux. Vous êtes sa sœur, peut-être ? 
-Non, je suis sa mère ! "   Belle entrée en matière ! 

  Le jeune homme qui me préoccupe n'est pas encore rentré du travail. Pourtant, c'est un étudiant. Il y a des gens qui trouvent que les jeunes de maintenant ne sont pas très courageux.

Or, l'année dernière, lors de ma visite à Ivergnies, j'ai dû arracher Alexandre, le meilleur jeune colombophile national 2004 à ses petits travaux de jardinage chez des particuliers. Voilà donc deux jeunes qui occupent leurs vacances à se constituer un petit pécule. Les ordinateurs, les photos... ça ne se donne pas. Voyez par ces 2 exemples qu'il ne faut jamais généraliser. Enfin, notre héros arrive à l'heure pile. Rémy a dix huit ans, bientôt dix neuf. Il suit actuellement les cours de la faculté des sciences : objectif ingénieur.

 

Les débuts

 
 

   Ici pas de colombophile dans la famille. L'aventure commence avec quelques tourterelles dans une volière. André Demuydt, amateur de West Cappel, lui offre alors plusieurs pigeonneaux. Au début, il n'y a que du plaisir à voir voler les nouveaux pensionnaires. Le vrai départ s'effectue en 2002, à la société de Wormhout. On joue les jeunes avec des résultats satisfaisants. A un et deux ans, les résultats sont moins bons. La solution est vite trouvée. L'aération du colombier est en cause. Il faut dire que l'installation n'a pas demandé de gros frais. C'est un ancien poulailler d'élevage abandonné. Des orifices ont été ouverts en façade dans le bas. Des cheminées dans les tôles fibro complètent le système. 

  Les résultats 2005 sont prometteurs :
24 avril : Beauvais - 598 vieux - 3e et 45e sur 7 engagés.
8 mai : Châteaudun - 372 pigeons, 4e, 68e, 72e sur 7. 
C'est le même yearling qui se classe 3e et 4e. Ce n'est pas mal pour un début.

  Rémy insiste d'ailleurs sur la qualité des conseils qu'il reçoit de 2 fins connaisseurs : Paul Decool et Jean-Claude Alouchery. Il peut voir l'avenir en rose et a l'intention de poursuivre une sélection si bien commencée en engageant ses protégés dans les fédéraux : c'est la meilleure école.  

 

L'examen

 
 

   Exceptionnellement, en 2005, l'examen 1e région et l'examen national ont eu lieu au même endroit : Gravelines. S'il connaît désormais bien cette ville, il regrette que les deux manifestations n'aient pas été assez médiatisées : point de vue déjà entendu. On corrigera la prochaine fois. Il faut pourtant admettre qu'il y avait dans l'enceinte de Sportica de nombreux stands qui pouvaient intéresser un public non colombophile : produits du terroir, sculptures, dentelles.....
Classement régional : 1e 
Classement national : 1e
Qui dit mieux ?

Le responsable de l'instruction de l'arrondissement de Dunkerque, Jean-Marc Vion, et le Président Jean-Pierre Mignien, qui s'est beaucoup investi en direction des jeunes, peuvent être satisfaits. On retrouve toujours à peu près les mêmes questions : squelette, maladies... Cependant, Rémy avoue qu'il était décontracté en 1e région mais complètement stressé au national. Pourquoi ? Il n'a pas d'explications. On me demande ce que je pense de la constatation électronique. Rien en mal, rien en bien. De toute façon, on ne peut s'opposer sérieusement au progrès.
Il n'y a qu'un problème, pour l'heure, c'est la transition entre les anciens et les modernes, comme en littérature. Si le médecin m'assure plus de deux ou trois ans à vivre, je peux m'y mettre. Sinon, à quoi bon ? Autre problème : les contrôles se faisaient auparavant à partir des bagues caoutchouc. Il reste à inventer un autre système.

 

La communication

 
 

  Notre héros a encore des regrets concernant la communication en direction des non colombophiles, c'est-à-dire le recrutement de nouveaux colombophiles non issus du milieu familial. Je présente la difficulté de pareilles opérations quand on observe l'habitat actuel. Aux environs de Lille, même dans le gros bourg où je vis, on ne construit plus que des lotissements avec petits terrains où il est impossible et même interdit d'installer un colombier. Le prix exorbitant des terrains interdit une autre solution plus individuelle. On me répond qu'il n'y a pas que l'agglomération lilloise en France et que si on multiplie quelques millions d'habitants par le nombre d'agglomérations, on obtient une trentaine de millions d'habitants. Il en reste donc plus de la moitié qui devrait intéresser les responsables de la communication. Imparable, j'ai affaire à un esprit scientifique et mathématique. Personnellement, je doute aussi qu'il y ait beaucoup de jeunes décidés à s'investir dans un sport qui demande beaucoup de temps et de peine tout au long de l'année. Je verrais plutôt des retraités, mais ils ne pensent qu'à enrichir les agences de voyages. Rémy affirme qu'il n'y a pas de problème qui n'ait de solution. Je trouve normal cette position, venant d'un jeune. S'il était déjà sceptique à son âge, ce serait inquiétant. Moi, j'ai tendance à appeler cela de l'utopie. Il est vrai que l'expérience nuit au dynamisme. On ne retient que le négatif. C'est le conflit des générations.

La journée portes ouvertes n'a pas été assez suivie et certains débutants n'ont même pas bénéficié des 100 pigeons gratuits. Là, je réponds que les responsables ne sont pas là haut à Lille mais bien dans les associations. Certains dirigeants locaux devraient lire d'un peu plus près les instructions qu'ils reçoivent et plus simplement encore les bulletins nationaux. Tout y est indiqué. Faut-il encore les lire. Une fédération, ce n'est pas seulement quelques dirigeants de haut niveau. Tout le monde, le long de la chaîne, doit se sentir concerné. 

 

Mira : voyage au Portugal

 
 

  Rémy a été invité à Mira et là, je n'ai entendu que des compliments : réception extraordinaire, hôtel dernier cri, ambiance introuvable ailleurs. La France s'est distinguée dans les compétitions organisées à Mira. J'ai eu droit aux photos sur ordinateur. Mais je ne dévoilerai rien car Rémy a été sollicité par José De Sousa, le président de la F.C.F., pour écrire et illustrer un reportage sur ce voyage. 
Bon courage, la jeunesse, l'avenir vous appartient.

 

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