INFOS
par  J.J.DUPUIS

Marc PESSEL
 de Erdeven 

                      Dans le sud de la Bretagne ... 


Retour sur la page "reportages".

Le Champion National
Fond 2005

reportage de 
Jean-Jacques DUPUIS  

Evasion bleue ...

 Passez donc par Erdeven
De Marc Pessel, vous ferez connaissance 
Prenez donc la peine
De rencontrer un champion de France !


            Sous le climat ensoleillé (eh oui, plus de 2000 heures d’ensoleillement par an !) de la Bretagne Sud, proche des villes de Carnac, Lorient, Vannes, la Trinité sur Mer, Quiberon, au bord de l’océan Atlantique ; Erdeven, « Ar Deuwen » en breton qui signifie « le pays de la dune » est une jolie bourgade d’environ 2600 âmes qui voit sa population multipliée par cinq en période estivale. Effectivement, 300 hectares de dunes protégées, conservées à l’état sauvage, avec une jolie frange de sable fin, s ‘étendent sur 8 kilomètres de littoral depuis l’entrée d’Etel jusqu’à la moitié de la presqu’île de Quiberon. Un endroit idéal pour s’isoler et humer l’air iodé. 
          Erdeven est également un haut lieu mégalithique aux dolmens et alignements de menhirs. On ne peut évoquer son patrimoine architectural sans citer les calvaires, vieilles chapelles, fontaines dans l’arrière pays et aussi le grand domaine seigneurial de Keravéon. Poursuivez votre chemin quelques hectomètres pour pénétrer dans Kervazo (ne cherchez pas, ce n’est pas sur la carte !). Sur le muret d’une habitation récente, 2 pigeons vous accueillent. Pas de doute, vous êtes chez un colombophile !

Présentation :

 

  Originaire d’Etel, 2e port de pêche entre les 2 guerres, Marc Pessel, après un log passage comme responsable au colombier militaire de 83 à 98 (il en reste des traces !), m’accueille en ce début mai afin de faire plus ample connaissance. Licencié au « pigeon sport » d’Auvray dans le groupement du Morbihan en 10e région, Marc Pessel pratique son hobby depuis 1980. C’est en 92 qu’il transfère son pigeonnier à Kervazo et depuis, il ne cesse de se livrer à son sport favori avec son épouse qui a longtemps supporté la charge des soins. 3 filles « qu’il n’a pas vu tellement grandir » ne poursuivront pas la même voie puisque l’une est très accaparée par le ballon rond (n’a-t-elle pas été sélectionnée pour un stage à Clairefontaine, le haut lieu national du foot), l’autre deviendra sans doute interprète-traductrice, quant à la troisième, son objectif aujourd’hui est « de gagner des sous ! » 

 

La colonie :

 
 

20 veufs yearlings compris, 30 pigeonneaux, 6 couples de producteurs sont logés au bout de la « Rue de la Paix » dans un colombier de 17 mètres de long situé à …12° Est- Sud –Est, tout en bois. Colombier comme volières sont entretenus quotidiennement, voire 2 fois par jour en saison.
Ses pigeons depuis le départ sont d'origine « Gorin-Huyskens/Van Riel », acquisition tout d'abord en 1957 pour les Huyskens Van Riel, puis en 1975 pour les Gorin. Puis, en 1989, achat d’une femelle d'origine "Van Den Broucke" (1e Inter Perpignan 1995) chez Herman Van Damme.

En 1995, un nouvel achat chez Van Damme, cette fois une "Van Den Abeele- Willequet". La même année, il fait connaissance, par l'intermédiaire de M. Vereeck, de feu M.Van Den Broucke avec lequel il lie sincère amitié colombophile. Cela lui a permis d'introduire du sang de la lignée du fameux "Didi" par le prêt de plusieurs de ses filles. Et puis, récemment un achat de femelle chez Patricia Verhagen (Aarschot), championne Nationale Belge de Demi-fond 2003, et chez Daniel Parijs (Ottenburg), également une grande pointure belge en demi-fond au niveau National depuis de nombreuses années. 

 

Veufs et pigeonneaux : jeu, hygiène, entretien.

 
 

« Je joue au veuvage en toute simplicité et efficacité. Je ne présente jamais les femelles au départ. Les veufs s'y habituent très bien et puis je ne leur donne pas le choix. Par contre, ils les reçoivent à l'arrivée pendant un certain temps, en fonction de la dureté du concours. 
Je ne raccouple jamais en pleine saison mes veufs, histoire de leur donner un coup de fouet. Je l'ai déjà fait par le passé et je n'ai jamais observé de réelles améliorations. Mes pigeonneaux sont joués "à la porte coulissante", c'est-à-dire séparés par sexe dès le plus jeunes âge. Les mâles sont joués jusqu'à 350 km, les pigeonnelles participent obligatoirement à un voire deux concours de fond, afin d'opérer une bonne sélection. Les meilleures d'entres-elles, soit 6, sont jouées à l'âge d'1 an, accouplées aux 6 reproducteurs.
          Comme l'on peut le constater, j'introduis exclusivement des femelles de grandes origines. Celles-ci sont accouplées à tour de rôle avec tous les reproducteurs, ces derniers étant presque tous consanguins de "Rambo ". Enfin ce n'est qu'avec les petits issus de ces couples que je reproduis pour le jeu. Les femelles introduites sont aussi accouplées avec le meilleur mâle de jeu du moment. Par contre, je n'accouple jamais par compensation, seuls les résultats sportifs de la souche comptent. Pour conclure, j'obtiens d'excellents résultats par croisement de souches consanguines.
          J'élève sous tous mes pigeons et pratique l'élevage hivernal, car je pense que dans nos régions tempérées, l'élevage de précoces n'est pas très difficile. Quoi qu'il en soit, je ne me préoccupe pas si le jeune est issu d'un lot de précoces ou de tardifs. Pour moi, le bon, qu'il naisse à Noël ou à Pâques, reste bon !
Longtemps, je ne pratiquais pas de sélection au sevrage ni même, pour les mâles, avant l'âge de deux ans. Le tout est sélectionné exclusivement sur les résultats accumulés en pigeonneaux, yearlings, et vieux avec obligatoirement 75% de réussite. Mais depuis deux à trois ans, faute de temps et voulant réduire considérablement ma colonie, je sélectionne tout au long de l'année en me posant la question chaque jour : de quel pigeon je pourrais me passer ? Le repos dans ma colonie est le maître mot. Car chaque sujet lors de la saison est toujours sur la brèche, joué chaque semaine de 250 à 700 km. Je leur demande toujours davantage. C'est donc que très naturellement, à l'issue de la saison, mon principe est: du repos, du repos encore du repos. Je compare souvent mes pigeons à des ballons de baudruche que je gonfle doucement et régulièrement tout au long de la saison. Jusqu'au point limite de rupture, et là c'est gagné ! Par la suite, à l'aide de nombreux soins, je passe 8 mois à les dégonfler et les nettoyer totalement avec essentiellement des produits naturels telle que des tisanes à base d'orties blanches.
          En préparation de la saison, je pratique une cure d'antibiotiques polyvalents à large spectre, cinq semaines auparavant puis la vaccination, deux semaines après à l'aide du colombovac P.M.V.1. La même cure d'antibiotique est servie à l'issue de la saison et c’est tout.
          L'ensemble de la colonie est nourri essentiellement avec des mélanges commerciaux. Durant la saison les pigeons sont nourris au casier, le surplus éventuel de la ration est retiré dix minutes plus tard, ainsi je surveille la montée en forme de tel ou tel pigeon.
En quelque sorte :  Je lis dans les restes de graines comme certains lisent dans le mare de café . En dehors des concours, mes pigeons sont nourris au silo "type mangeoire à lapin de 15kg", afin d'alléger le travail et surtout d'éviter aux pigeons le stress au moment des repas qui je pense occasionne des troubles digestifs. »
J’ajouterai qu’au cours de la conversation, j’ai appris que, pour aider à faire chuter le vieux duvet, on pouvait servir l’eau de cuisson des pommes de terre !

Le Rambo, base de la colonie.

 

  Tout spécimen présent au colombier porte en ses veines du sang du fameux Rambo 294 489/92, issu du premier lot de pigeonneaux arrivés aux installations actuelles, c’est à dire d’origine Gorin, Cattrysse, Van der broucke, Latruwe. Aujourd’hui, il ne reste que lui. C’est dire s’il compte beaucoup ici et comne il est bien le roi ! 
          Notons qu’en 93, il réalise 8 prix de 12 engagements dont 5e fédéral sur 2230 à Saintes, 3 quatrièmes places sur Châteaubriant, Niort, Saintes. En 94, 9 prix de 12 engagements dont 3e sur Niort, 1e sur Carcassonne groupement, 3e fédéral sur 1772, 3e sur Niort et 2e As pigeon de demi-fond. En 95, 7 prix sur 7 ; 5e As Pigeon de fond, 28e Carcassonne fédéral sur 2288. En 96, 5 prix sur 8 dont 7e à Niort groupement, 30e Carcassonne fédéral sur 1238. En 97, 5 prix sur 7 dont 64e Toulouse fédéral sur 2426 ; 87e inter région sur 4424, 8e fédéral sur 1720 à Carcassonne, 31e à Toulouse fédéral. Il finit cette année là As Pigeon de fond, 2e en groupement, 20e As Pigeon français de fond.

 

Anecdotes et souvenirs

 
 

 Cette anecdote est suffisamment rare pour être soulignée et pour montrer à quel point on est accroc. Lisez plutôt : 
« En 1989, j'ai fait avancer la date de mon mariage d'une semaine et ce à peine un mois avant celui-ci afin d'aller juger une exposition en région parisienne en présence de M. Desjardins ; le président à l'époque n'en revenait pas ! ». L’épouse était prévenue !
          « Mon meilleur souvenir en colombophilie se situe le matin où j’ai trouvé mon 294 489.92 au pied du colombier après trois semaines d'absence. Lors d'un concours difficile sur Agen en 1999, j'ai en effet retrouvé mon meilleur pigeon au pied du colombier dans un état indescriptible. Ce dernier étant déchiqueté de tous les côtés, il était méconnaissable et affublé de sang séché sur l'ensemble du corps. Mais il me regardait comme s’ il était rentré au premier jour. Avec un regard de tueur comme il possède encore actuellement, il m'a dit: "ouvre, j'ai le cadavre de l'enfant de ..., d'épervier qui m'a fait cela"! Le pigeon en question, et par le fait qu'il semblait s'être recousu par lui-même a été depuis lors surnommé : " Le Rambo ». 
De très bon pigeon, il est de ce fait passé au statut d'excellent car rapidement il est devenu de surcroît un très bon reproducteur. Pour la petite histoire, après son périple sur Agen, il a été engagé le 20.07.96 sur Carcassonne et a remporté le 30e prix sur 1 238 »

 

 Quelques cracks ...

 

 Le général olympique, le plus titré de tous le 205 728/98. 
Il est allé représenter nos couleurs aux dernières olympiades de Porto.
53 prix sur 64 engagements.
42 prix par 10.
As pigeon Fédéral toutes catégories 2004.
As pigeon fédéral de fond 2004.
2e As pigeon fédéral toutes catégories 2003.
3e As Pigeon fédéral toutes catégories 2001.
24e As Pigeon national vitesse 99.
2000 : 4532 km / prix
2001 : 3677 km / prix
2002 : 3515 km / prix
2003 : 4502 km / prix
2004 : 4546 km / prix
1e fédéral Toulouse 2004, 2e fédéral Brive 2004, 4e fédéral Toulouse 2003, 6e fédéral Carcassonne et Narbonne 2001.

          Le 204106/03
En 2005 :
14.05 Brive Fédéral 57/2889
28.05 Montauban Féd 106/2473
11.06 Toulouse Fédéral 484/2327
18.06 Limoges Fédéral 5/3033
25.06 Carcassonne Féd 7/1567
02.07 Brive Fédéral 133/2282
10.07 Perpignan Inter-Région 5/3184
23.07 Toulouse Fédéral 12/1485
30.07 Limoges Fédéral 18/2313
10 prix de 12 engagements, As pigeon fédéral, 20è As pigeon national demi-fond

          La 204 111/03 ou quand on se décide à jouer les femelles !
En 2005, Brive fédéral 562e sur 2889
Montauban : 67e sur 491
Limoges fédéral : 1e sur 3033 
Carcassonne féd : 245e / 1567
Perpignan inter région 112e /3184
Poitiers 14e / 611
On aurait encore pu citer le 104 106/03 (10 prix de 12 engagements en 2005), 20e As Pigeon national de demi-fond, le 204 122/03 qui réalise 6 prix de 10 engagements en 2004 dont 3e fédéral à Limoges, 9 prix de 12 engagements en 2005, 2e féd à Perpignan, 9e féd sur Toulouse. Il termine As Pigeon fédéral de fond.

          

 Et ce titre de 
Champion de France ?

 

Heureux, oui, bien sûr, mais il le considère comme la douce et logique récompense aux efforts consentis. C’est l’objectif final et avoué de 4 années de travail qui est atteint et l’on s’est donné les moyens et la volonté de réussir. « Je passe 4 heures par jour avec eux, je suis rigoureux comme dans ma vie personnelle et je n’hésite pas à reconnaître mon égoïsme… » C’est la juste récompense de toutes les privations, « la rançon de la gloire ». 
« Réalise tes rêves et ta vie sera un rêve ».
«  Aujourd’hui, je rêve, je réalise mes rêves. Ce qui me plaît dans notre hobby, ce sont les longs moments d’attente, l’arrivée de mes favoris et … surtout la tête de « mes camarades » lors du dépouillement » !!.


Quelques conseils :
être et durer ...

 
 

 Je pense qu’il faut acquérir rapidement de bons pigeons pour faire sa propre souche, se faire sa propre ligne de conduite (adapter ses horaires, sa vie familiale, sa mentalité) et ne plus en déroger. D’où sa devise gravée en lettres d’or au colombier « être et durer ».

Les rapaces

 
 

 Si la région n’est pas encore trop envahie, il subit quand même deux à trois attaques chaque année. Pas en 2005, est-ce dû au remède que proposait M. Bénac, président de l’entraide, dans le BN117 avec l’installation des 2 cibles multicolores qu’a réalisées Marc ici ? L’avenir nous le dira.
Une pensée vers ….
Yves Deleu, « que je considère comme mon 2e père, il m’a aidé à obtenir des bons pigeons et à me faire connaître.
Mon frère Mario qui vient de suivre mes traces en 17e région, à la société de Buzet, qui avait laissé de côté la colombophilie depuis une trentaine d’années et dont l’objectif est de maintenir le flambeau familial assez haut »

Et l'avenir de
 la  Colombophilie ?

 

 Défaitiste ? Fataliste ? Réaliste ? A vous de juger !
Par nature et optimisme, j’opterai pour le premier qualificatif. « La colombophilie n’est pas pour moi ce que l’on pourrait appeler un loisir d’avenir, cette dernière obligeant un tant soit peu la sédentarisation, allant ainsi à l’encontre même des foyers modernes. Et puis, à cause du développement accru et incontrôlé de l’informatique, nos jeunes ne connaissent plus la nature, ni même les vraies valeurs de la vie, vivant dans un monde virtuel, ils sont déconnectés de la réalité. A mon avis, nous faisons partie des derniers dinosaures. Pour avoir de nouveaux adhérents, la solution serait de supprimer Internet et compagnie et surtout d’enfermer nos enfants dehors. » 
Dur quand même ! A nous de trouver, tous ensemble, des quatre coins de l’hexagone, des solutions pour éviter ce pessimisme.

Quelques résultats 2005:

 
 

 Pour terminer, quelques résultats en 2005.
1e, 3e, 5e, 6e, 9e Limoges
1e, 2e, 3e, 4e, 5e, 9e Carcasssonne
1e, 2e Limoges
162 prix de 321 engagés
Champion de Bretagne
1e, 2e, 3e, 5e, As Pigeon Fédéral toutes distances
1e, 2e, 4e, 5e, As Pigeon de fond fédéral 
Champion de France de fond
6e As Pigeon français de Fond
6e au championnat de France de demi-fond
16e au championnat de France toutes distances 

Le titre suprême ...2005

 


Perpignan : 10 juillet 1438 vieux - 2e, 3e, 5e, 10e, 21e, 37e
Carcassonne : 25 juin 1567 vieux – 3e, 4e, 7e, 10e, 11e, 17e, 20e, 23e 
Je voudrais bien évidemment, Monsieur Pessel, vous adresser mes plus vives félicitations, non seulement pour ce titre de champion de France, mais aussi pour vos excellents résultats depuis plusieurs années ; vous remercier vous et Madame pour l’accueil reçu. A Gravelines en janvier 2007 sur un podium ? Je vous le souhaite bien sûr ! 

 

 

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