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par  Serge LEDUC

Maxime Thiery
 Jeremy Dehen

           Du Nord ... Premiers au concours des jeunes de janvier 2006 à Gravelines


Retour sur la page "reportages".

Reportage de Serge Leduc      

A propos des jeunes, les pensées de Serge ... 

 


    Ceux qui ont de la mémoire et qui lisent les reportages du bulletin national ont retenu une idée forte du vainqueur international de Pau 2005, Guy Flandrin, à propos de l'avenir du sport colombophile : pour avoir des jeunes dans notre sport, il faut passer par la famille, laisser les enfants aller dans les colombiers. Une idée forte et une idée juste puisque les deux premiers classés ex aequo du concours national des jeunes colombophiles illustrent très exactement ce type de démarche. Maxime Thiery d'Haulchin (14 ans) et Jérémy Dehen de Vendegies Au Bois (21 ans) sont les contaminateurs d'une lignée familiale de colombophiles, père, grand-père et arrière grand-père étaient " coulonneux ".  

  La démonstration est faite, et ce, au plus haut niveau. D'autre part, quand on examine le classement national de Gravelines, on note que sur 15 classés, 9 appartiennent à la première région, dont les 2 premiers soit les trois cinquièmes de la représentation nationale alors que la 1e région n'est que la moitié de l'effectif total, ce qui élimine le facteur mathématique proportionnalité. On peut imaginer une autre explication. Dans le Nord Pas De Calais, la colombophilie fait partie de la culture ouvrière depuis bien longtemps comme l'a affirmé le président de la région Daniel Percheron au congrès de Leforest. Ce qui fait qu'elle se transmet par les familles qui se passent le flambeau d'une passion partagée depuis des générations. La meilleure communication du monde ne remplacera jamais ce facteur culturel et motivant.

  Ceci dit, intéressons-nous de plus près à nos deux héros qui ont déjà eu à de nombreuses reprises les honneurs de la presse locale et même de la télévision (France 3) dans le Valenciennois et l'Avesnois, à quelques dizaines de kilomètres l'un de l'autre. Voilà pourquoi je n'ai eu qu'un voyage à faire, le matin à Haulchin, l'après-midi à Vendegies (Croix-Caluyau précisément).

 

Maxime Thiery d'Haulchin

 14 ans lors de l'examen !
 

   Maxime Thiery est le dernier né de la famille (2 grandes sœurs). Il a égalé la performance de J.Figoureux l'année précédente : premier à Leforest en 1e région et premier ex æquo à l'épreuve nationale de Gravelines, chapeau. Surtout si on tient compte de son jeune âge qui le place comme le plus jeune vainqueur national depuis que l'examen existe (14 ans). 
S'agit-il d'un surdoué ? Si certains surdoués ont des problèmes comportementaux et s'il leur faut des classes spécialement adaptées dans l'éducation nationale, alors on n'est pas dans le cas évoqué car Maxime a l'air particulièrement à l'aise dans son milieu, en harmonie avec ce qui l'entoure, que ce soit en famille, à l'école (classe de 3e Galilée) ou dans son association La Vigilante d'Haulchin, ce qui ne l'empêche pas de jouer au football !

  Il partage la responsabilité du colombier avec son père, par ailleurs ex-président de l'arrondissement de Valenciennes. Comme dit le paternel, on peut lui faire confiance : c'est un compliment. Je reprendrai trois formules employées par le journaliste de France 3 au cours d'un petit reportage télé intitulé " Regards d'enfants " : vétérinaire en herbe, agent matrimonial et maître de ballet. Tout un programme...

  C'est vrai qu'il a un contact très particulier avec ses pigeons (voir photo) presque de la prestidigitation, atout non négligeable pour quelqu'un qui veut briller dans son sport. Il aime ses pigeons, c'est sûr, mais ses pigeons l'adorent, c'est une évidence. C'est un amour partagé, au point qu'à ma question sur les distances abordées (champion de vitesse, oui, mais après ?), sa réponse fut : je ne joue que les courtes distances, j'ai trop peur de les perdre en allant plus loin. Le bet'leu l'emporte sur le compétiteur. L'animal d'abord, le sport après. Tout le contraire de l'égoïste. Il sera à coup sûr heureux dans la vie.

  C'est un bon élève à l'école. Il a même réussi à impliquer son professeur dans son parcours de cœur colombophile (on relit sous la table le petit livret bleu de la fédération pendant les cours et le professeur sourit. C'est de la complicité dans le bon sens du terme. C'est aussi de la pédagogie.

  Maxime est plus prolixe sur ses rapports avec les éléments de sa société, La Vigilante d'Haulchin encore une trentaine de licenciés dont plusieurs jeunes. Il y fait régulièrement son service à la bagueuse. Cette société fondée en 1927 va bientôt fêter ses 80 ans. Et là, je laisse la parole à Maxime " J'ai reçu un cadeau de la municipalité, un magnifique trophée offert au championnat de France des jeunes mais je voudrais le dédier à tous les anciens colombophiles d'Haulchin qui ont œuvré pendant 79 ans pour nous laisser en héritage une si belle société avec une pensée particulière pour Jacques et Robert disparus cette année. " Que de belles pensées, jeune homme ! C'est vrai qu'il aime parler avec les anciens du coin qui, dit-il, lui ont beaucoup appris. Et il essaie de porter la bonne parole parmi ses copains de classe (communication gratuite). Sur la lancée, il me demande de noter ses remerciements à tous ceux qui l'ont aidé, par exemple en lui offrant des pigeonneaux comme Gérard Dupire et Gérard Bécard. 
Je félicite le papa qui n'est pas peu fier de son fiston et qui l'a bien soutenu. Dernier trait de caractère : il a une pensée pour ses concurrents, jusqu'au dernier, car pour lui il n'y a pas de dernier ! 

   De la volonté, du sérieux (on n'est pas double vainqueur par hasard) mais pas de triomphalisme ni de sentiment de supériorité. Une idée pour aider les jeunes, organiser un championnat des débutants (en Belgique c'est un succès). Dois-je ajouter que Maxime était en 2005 champion de sa société avec une poignée de pigeons tous logés dans 3 compartiments. Jeunes yearlings vieux. Bravo champion !!!

 

Jeremy Dehen 
de Vendegies au Bois

 
 

  Retour sur Valenciennes puis direction Le Quesnoy, Englefontaine enfin Croix Caluyau pour retrouver Jérémy Dehen, 21 ans, 2e meilleur jeune colombophile 1e région à Leforest et meilleur jeune ex æquo au national à Gravelines. Comme on l'a dit, plusieurs générations de colombophiles dans la famille. Le père, Eric Dehen habite dans le village voisin Vendegies Au Bois, entre Le Quesnoy et Landrecies. Un paysage bucolique, des vaches dans les près, pays de lait et de fromage, sans oublier la bière.

Quand j'arrive, les pigeons sont en train de rentrer d'un entraînement sur Laon. Tous les yearlings ne sont pas encore rentrés bien que lâchés en même temps que les autres - stress ! Je comprends, c'est souvent ainsi au début de saison, il faut remettre en marche la boussole. Rien de nouveau sous le soleil. J'ai droit au spectacle gratuit : chaque pigeon qui rentre est accueilli par le patron qui échange quelques propos avec le visiteur entre deux escalades d'échelle. Enfin j'arrive à immobiliser le héros du jour entre la table et l'ordinateur dans la salle de séjour.

  Colombophile avec le papa Eric depuis l'âge de 7 ans, il prend une licence en 1995 à 10 ans. Entre temps, ses roucoulements....ont attiré une demoiselle, Estelle de Croix Caluyau à moins que ça ne soit l'inverse....
Et c'est dans l'environnement de la famille d'Estelle qu'il s'installe provisoirement, après des études de comptabilité (BTS) et une embauche dans le garage Renault du secteur, on quitte l'adolescence, on se met à son compte. Jérémy a une certaine chance, car, en face de la petite maison aménagée au fond de la cour, existe une grange ancienne encore solide. En deux trois mouvements, la toiture est changée et des colombiers sont installés à l'étage. Pour moi, personnellement, ce genre de colombier, c'est la perfection, esthétique mis à part : de l'air à profusion (volume) et de la sécheresse. On pourrait presque se dispenser de gratter le plancher. Mais c'est hors de question pour Jérémy qui passe beaucoup de temps au milieu de ses protégés.

  C'est la 3e saison dans cette installation et on a déjà joué Marseille non sans succès. L'émotion qu'on ressent à l'arrivée d'un grand concours a déjà laissé des traces. Jérémy me raconte l'arrivée de Marseille avec beaucoup de détails. Le soir, pas une plume (il y en avait déjà dans le secteur dès le soir). Un peu découragé, il se lève dès patron minet et fait voler ses 13 veufs. A la rentrée de la volée à 6 h 10 ses 13 veufs ayant réintégré les locaux, un 14e reste sur le toit, grosse émotion, il s'agit de Balou engagé sur Marseille. Constaté, signalé à 6 h 20. Sur ses talons, un autre marseillais se pointe : 6 h 25. Jérémy reste au poste jusqu'à 11 h 00, on ne sait jamais. Le concours se clôturait à 10 h 00. Quelle émotion ! La cause des concours de grand fond est gagnée !

  Jérémy a déjà appris qu'il ne faut pas condamner un pigeon qui revient fatigué. Le mosaïque, tardif de 2003, est rentré plusieurs fois les ailes basses. Sur le dernier concours de fond de la saison, il restait une place dans le panier : on lui a donné une dernière chance et il l'a saisie : 53e / 319 et 385 / 4789, il a trouvé le rythme. En 2006, il sera préparé pour Barcelone. Il apprend aussi la patience. Cette année, ses voyageurs n'ont été accouplés que le 1e avril.
Vous l'avez compris, on ne vise ici que le grand fond, la ligne du Rhône et le concours mythique de Barcelone. Tout naturellement, il a découvert dans sa région un champion de grand fond qui l'a aidé à deux niveaux : pour la préparation de l'examen des jeunes avec objectif de se classer en tête (mission réussie) et en lui procurant des œufs de ses champions sans compter un crack de fond à la retraite lauréat de Barcelone (voir photo). Il s'agit de Didier Beaujan bien connu pour ses cartons sur l'étape de Marseille. Voilà un parrain colombophile que beaucoup envieraient. Là-dessus arrivent un pigeonneau de Carlier Petit et un autre de Eric Vanacker, deux colonies de grand fond qu'on en présente plus. Jérémy est un petit veinard et il le sait. Un bon départ est pris avec une motivation hors du commun. On entendra parler dans l'avenir de la famille Dehen. Ce qui ne l'empêche pas de remercier ses nouveaux amis, Bruno Voltolini, ses parents, sa fiancée et la fédération française pour sa parfaite organisation et ses cadeaux.
Dernière question : comment aider les jeunes ? Jérémy pense qu'il faut aider les jeunes au niveau des sociétés locales : conseils, pigeonneaux, aide morale, etc...Il est décidé à le démontrer dans son fief.
Bravo jeune homme et bonne chance pour l'année qui commence.

 

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