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Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)
Le sport colombophile est basé sur la sélection de manière à obtenir les pigeons les plus rapides et les plus performants. Pour essayer d'atteindre ce but et ainsi améliorer les performances, la
génétique ne suffit pas, il y a aussi la mise en parfaite santé des géniteurs gage de l'obtention de jeunes vigoureux.
Dans cet article, je vais vous donner une méthode que j'emploie couramment en clientèle de manière à prévoir les problèmes qui peuvent survenir lors de l'élevage et vous parler d'une pathologie
qui a bouleversé la préparation de l'élevage : la circovirose.
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Un contrôle de santé est recommandé après les exigences de la mue comportant au minimum une analyse de fientes où l'on trouve fréquemment à cette période des coccidies et des vers et un frottis
de jabot.
Je recommande cette période pour vacciner contre la paratyphose de manière à donner le maximum d'anticorps aux pigeonneaux. Selon l'état de la colonie et la présence de boiteries ou de mal d'aile
pendant la saison ou pendant la mue, un traitement sera nécessaire avant de vacciner.
Une vitaminothérapie stimulante de la libido surtout chez les vieux sujets et augmentant la fécondité est souvent prescrite avant les accouplements
* Un supplément en minéraux permettra une bonne solidité de la coquille, une moindre sollicitation des réserves et une bonne formation osseuse du jeune.
Si de la paramyxovirose est présente dans la région, une vaccination avant la couvaison pourra permettre la transmission d'un maximum d'anticorps aux jeunes dans la coquille.
* Contrôler la présence de parasites externes et les éliminer si nécessaire.
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Au bout de 18 jours de couvaison, le pigeonneau découpe sa coquille ( parfois, il faut l'aider), sort de l'œuf et résorbe le reste du jaune (celui-ci lui amène des anticorps), il sera nourri par ses
parents et leur riche lait de jabot lui permettra de multiplier par plus de 20 son poids en 20 jours.
On sèvrera ni trop tard, ni trop tôt, entre 23 et 25 jours et on devra parfois aider certains sujets qui ne se débrouillent pas bien.
Dès le sevrage, il faut stimuler l'immunité avec des produits de qualité et veiller à un bon équilibre de la flore intestinale.
Donner une alimentation d'élevage de bonne qualité et ajouter un complexe vitamino-minéral pour assurer une bonne croissance.
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La circovirose est de plus en plus diagnostiquée dans nos colombiers. En 1998, les scientifiques parlaient de la pathologie colombophile de demain. Je crois que nous y sommes. Depuis la détection de
cette maladie en 1997 en Belgique et les recherches qui ont été menées à l'Université de Liège par Ing Duchatel et ses collaborateurs, l'approche de l'élevage du pigeon a été profondément bouleversée et c'est pour
cette raison que je vous indique d'appliquer une méthode aussi rigoureuse avant les accouplements et à la couvaison.
En effet, le circovirus, tout petit virus, s'attaque à la bourse de Fabricius qui est un organe lymphoïde primaire situé au-dessus du cloaque qui évolue avec le temps et qui est responsable de
la formation de l'immunité humorale (anticorps) du pigeonneau et donc du pigeon adulte. Un non-fonctionnement ou un mauvais fonctionnement de cet organe peut donner un pigeon plus ou moins immunodéprimé à vie.
Les symptômes de la maladie sont très variables d'un sujet à l'autre, en effet quand la maladie est présente dans une colonie certains jeunes vont présenter une anorexie, une diarrhée incoercible,
des vomissements, un engorgement du jabot (" gave pleine d'eau "), d'autres un retard de croissance, d'autres rien du tout. Selon l'état sanitaire de la colonie vont apparaître différentes maladies, on parlera
d'infections secondaires, telles que paratyphose, paramyxovirose, coccidiose, ornithose, coryza, trichomonose simplement parce que le pigeonneau n'a pas les capacités de se défendre contre ces maladies. Les vaccinations
seront moins efficaces.
Le diagnostic difficile encore il y'a quelques temps parce que nécessitant le recours à la microscopie électronique s'est fortement simplifié grâce à la recherche. Maintenant, un simple
écouvillon du cloaque permettra de mettre en évidence le virus (test PCR).
Le traitement de la maladie doit tenir compte du fait que l'on ne sait pas tuer le virus. Les sujets chétifs qui de plus disséminent le virus seront éliminés. Le respect d'une hygiène et d'une
propreté maximales sera indispensable. Il faudra traiter une par une les infections secondaires et stimuler le mieux possible l'immunité défaillante, l'apport d'immunoglobulines peut apporter un soutien. L'interféron serait
intéressant à essayer mais est encore à un prix trop élevé pour soigner une colonie et serait uniquement réservé à un traitement individuel.
La recherche n'a pas encore permis de mettre au point un vaccin mais un budget a été alloué à cet effet. Espoir ?
* La Paratyphose, la coccidiose, l'ornithose, le coryza, la trichomonose peuvent atteindre le pigeonneau. Ces sujets ont déjà été traités dans des articles précédents.
En résumé, un des rôles du vétérinaire spécialisé en colombophilie est d'informer le colombophile sur les nouvelles maladies et lui suggérer les moyens de les éviter ou de limiter les dégâts par la prévention.
Certaines habitudes sont à changer pour s'adapter aux nouvelles maladies vers une colombophilie moderne.
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