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article du 12/10/05
VETPIGEON.COM
La grippe
aviaire fait beaucoup parler d’elle actuellement. Il est donc logique
d’y consacrer un article. Comme vous pourrez le constater, cette maladie
n’est pas d’apparition récente et elle est connue depuis longtemps.
Cependant, certaines caractéristiques du virus en font une maladie
« émergeante ». Vous verrez aussi que ce virus n'a rien à
voir avec le virus responsable de la grippe humaine, celui qui balaie les
zones tempérées à la mauvaise saison (automne, hiver). Quoi que,…
DONNÉES ANCIENNES :
1 -LE VIRUS
La
grippe aviaire est une maladie virale appelée également « influenza
aviaire ». Elle était dénommée anciennement, ainsi que la maladie
de Newcastle, sous le terme de « peste aviaire ».Cependant, les virus influenza sont très différents
des paramyxovirus responsables de la maladie de Newcastle.
Pour ceux que cela intéresse, c’est un virus à ARN enclos dans une
enveloppe dérivée de la membrane de la cellule infectée.Les virus influenza sont classés en 3 types : A, B et C. Seul
le type A a été isolé chez les oiseaux. Les virus Influenza de type A
sont eux mêmes classés en sous types en fonction des caractères antigéniques
des protéines de surface H (pour Hémagglutinine) et N (pour
Neuraminidase). Ce sont de
ces types et sous types dont on parle actuellement dans les journaux. A
l’heure actuelle, 13 sous types H (H1 à H13) et 9 sous types N (N1 à
N9) ont été identifiés. La plupart des combinaisons possibles de ces
sous types ont été isolés dans les espèces avicoles.
Le pouvoir pathogène et la contagiosité des différents virus influenza
aviaires sont très variables. Les sous types H5 et H7 sont généralement
très pathogènes chez les volailles.
Remarque : Le cheval est sensible au A/H3N8. Le porc est sensible aux
virus grippaux A/H1N1 et au A/H3N2.
L’homme est confronté tous les ans, à la mauvaise saison, aux virus
grippaux A/H1N1, A/H3N2 et aussi à des souches
influenza de type B. Les souches porcines et humaines sont donc
comparables cela explique pourquoi la grippe porcine se transmet
facilement à l’homme et vice versa. Fort heureusement, cette grippe est
peu grave tant pour le porc que pour l’homme.
2- EXTENSION DE LA MALADIE
Des virus influenza ont été isolés d’un grand nombre d’espèces
avicoles, domestiques et sauvages. Chez la volaille domestique,
l’incidence de la contamination varie en fonction des méthodes d’élevage
et de la localisation géographique. Dans certains pays, l’affection est
endémique (tous les ans, quelques élevages sont atteints sans extension
à l’ensemble de la zone) alors que dans d’autres, elle est
exceptionnelle.
La majorité des cas cliniques sont observés chez la dinde et le canard.
Les poules sont plus rarement atteintes.
Ce sont les oiseaux sauvages et principalement les oiseaux aquatiques
migrateurs, notamment les canards, qui constituent le réservoir des
virus. Une étude réalisée en Alberta au Canada en 1980 a révélé que
25% des anatidés (canards) migrateurs excrètent le virus (ce pourcentage
atteint même 60% chez les jeunes oiseaux). Le virus se multiplie dans les
cellules de l’intestin ; il en résulte une élimination massive du
virus dans les matières fécales qui peuvent contaminer les eaux des
lacs. Le virus survit plus de 4 jours à 22°C et 30 jours à 0 °C (comme
pour beaucoup de virus, le froid les conserve !).
Les virus influenza infectent de très nombreuses espèces animales ;
il n’y a pas de réelle « barrière
d’espèces ». La diffusion du virus sur de larges zones en est
grandement facilitée. Les mammifères et même l’homme sont des sources
potentielles de virus pour les volailles.
3- LES SIGNES DE LA MALADIE
Lors de l’infection chez les poules et les dindes, la maladie se
manifeste avec une intensité très variable.
Pour les souches les plus pathogènes, la mortalité est très élevée
(jusqu’à 100%). Elle est associée à des signes de détresse
respiratoire, des larmoiements, un écoulement nasal, une grosse tête, de
la diarrhée. Chez les oiseaux les plus jeunes, la mort peut être
soudaine sans signe prémonitoire.
D’autres souches provoquent des troubles respiratoires avec des oiseaux
en boules, une chute de ponte et un taux de mortalité moins élevé (50
à 70%).
Les virus influenza peu pathogènes donnent des infections inapparentes
(cas général chez les canards) avec de légers troubles respiratoires et
une diminution de la ponte.
Remarque : Ces signes respiratoires ne sont pas caractéristiques de
la maladie. Ce sont les signes respiratoires associés à un taux de
mortalité très élevé qui font suspecter la « grippe aviaire »
dans un élevage. Cette suspicion clinique doit toujours être confirmée
par des examens de laboratoire.
4- TRAITEMENT ET PRÉVENTION
Seules les complications bactériennes sont susceptibles d’être soignées,
à moins que l’ensemble de l’effectif n’ait été éliminé dans le
cadre de la police sanitaire ! Toutes les infections à virus
influenza sont à déclaration obligatoire. L’isolement d’un virus très
pathogène (par test de laboratoire) ou d’un virus appartenant aux sérotypes
H5 ou H7 doit être signalé aux Instances Vétérinaires Nationales et Internationales.
Les cheptels contaminés sont détruits et toutes les mesures de police
sanitaire prévues en cas de maladie contagieuse légale sont appliquées
(surveillance renforcée pour les élevages situés autour, restriction
des mouvements des volailles,….)
DONNÉES ACTUELLES :
1- LE VIRUS
C’est
un virus A/H5N1 ayant une virulence particulière pour un grand nombre
d’espèces, y compris les palmipèdes, certaines espèces d’oiseaux
sauvages, quelques espèces de mammifères, et l’homme. Plusieurs sous
populations issues du virus initial se sont déjà différenciées.
Pour information, le virus influenza apparue aux Pays Bas en 2003 était
du type A/H7N7, donc, différent du sous type qui sévit actuellement.
2- EXTENSION DE LA MALADIE
La
maladie a émergé en Asie du Sud Est fin 2003 et sévit depuis en Thaïlande,
le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Chine et l’Indonésie. Le Japon, la
république de Corée et la Malaisie ont été contaminés mais ont
recouvré depuis le statut « indemne ». La maladie s’est
propagée vers le Nord de la Chine puis en Russie (le 23 juillet à
Novossibirk), en Mongolie, au Kazakhstan et à l’Ouest de la Russie. En
octobre 2005, la maladie est présente en Turquie (H5N1) et fortement
suspectée en Roumanie (virus H5N?).
La maladie a touché des élevages de poulets, de canards et de cailles.
Le virus a été retrouvé sur des oiseaux sauvages trouvés morts
(faucon, canards,…) et sur des porcs non malades proches de foyers
aviaires.
En France, une enquête sérologique réalisée en hiver 2004-2005 révèle
que les élevages de poulets et de dindes en bâtiments ne sont pas infectés.
Un élevage de dinde plein air est séropositif (traces du passage viral)
en H5. Par contre, plusieurs élevages de canards et d’oies ont été
contaminés, sans que des signes de maladies apparaissent, par une souche H5 ou, plus rarement par une souche H7. Aucune trace
n’a été détectée sur l’avifaune sauvage.
3- MESURES DE PRÉVENTION ACTUELLES
L’importation de volailles vivantes et de leur viande originaire des
pays de la zone atteinte est interdite. Les conditions sanitaires à
l’importation des oiseaux de volière ainsi que sur les oiseaux de
compagnie accompagnant les voyageurs sont renforcées.
Des laboratoires sont chargés de mettre au point des vaccins tant pour
les volailles que pour l’homme. De plus, la pharmacie centrale des armées
est responsable du stockage de médicaments antiviraux humains.
La prochaine mesure qui pourrait être prise serait d’empêcher tout accès
extérieur aux volailles et autres oiseaux détenus dans les élevages.
Ceci afin d’éviter les contacts avec les oiseaux sauvages.
Nous verrons par la suite tout l’intérêt qu’il y a de séparer les
diverses espèces animales entre elles pour limiter le risque de
recombinaisons du virus et l’émergence de nouvelles souches.
POURQUOI
AUTANT DE BRUIT !? :
1- Les risques pour l’élevage
Le virus qui sévit actuellement est d’une part très pathogène (90-95%
de mortalité dans certains élevages). D’autre part, ce virus est extrêmement
contagieux pour les volailles, encore plus que ne l’est le virus de la
fièvre aphteuse chez les bovins, les porcs ou les moutons. Les trajets
migratoires d’oiseaux sauvages résistant à la maladie tels les
anatidés (canards,….) peuvent amener le virus dans nos contrées. Les
oiseaux sensibles à la maladie, quant à eux,
seraient bien incapables d’entamer leur migration et ne présentent
donc pas un réel risque.
L’apparition de la maladie sur le sol européen fait donc craindre de
lourdes retombées économiques pour l’élevage de volailles.
2- Les risques pour les personnes
a. Personnes
au contact des volailles
Bien que le virus A/H5N1 soit essentiellement un virus « aviaire »,
il est responsable de la mort d’environ 100 personnes en Asia. La
plupart de ses personnes avait eu des contacts étroits avec les volailles
contaminées (éleveurs, personnel d’abattoir, vétérinaires,…).
b. Population dans son ensemble
Pour l’instant, le risque de transmission épidémique de la maladie à
la population humaine est nul : le virus est un virus spécifiquement
aviaire. Cependant, les virus influenza mutent assez facilement (c’est
la raison pour laquelle les vaccins contre la grippe humaine sont actualisés
avec de nouvelles souches virales chaque année).
Cette mutation pourrait être grandement facilitée si, chez une
personne, étaient présents à la fois le virus aviaire et un virus
grippal humain classique. Alors, les 2 virus présents au sein d’une même
cellule pourraient se recombiner entre eux et donner naissance à un
nouveau virus mutant. Ce virus serait alors bien mieux adapté à
l’homme que le virus aviaire originel et pourrait acquérir un tout
autre pouvoir pathogène.
C’est pour cette raison que la vaccination des personnes contre la
grippe humaine est vivement recommandée. Le vaccin contre la grippe
humaine actuellement en vente contient 3 souches de virus :A/H1N1,
A/H3N2 et une souche B. Ce vaccin est donc inefficace pour prévenir la
grippe aviaire A/H5N1.Mais, si une personne vaccinée contre la
grippe rencontre un virus grippal humain et si conjointement elle est
infectée par le virus aviaire (essentiellement des personnes travaillant
dans des élevages infectés), elle n’aura à se défendre que contre ce
dernier virus. Le vaccin se « chargeant » du virus humain. La
guérison n’en sera que plus facile.
De plus, il y aura très peu de probabilité pour que, dans une même
cellule, se rencontrent le virus aviaire et le virus humain. Les
recombinaisons entre les 2 virus deviennent ainsi très aléatoires et peu
probables. L’effet de la vaccination contre la grippe humaine est donc bénéfique
d’une part pour la personne vaccinée, et d’autre part pour
l’ensemble de la population.
c.
Et pour nos pigeons ?
Aucun cas de « grippe aviaire » n’a été recensé sur les pigeons
dans le berceau asiatique de la maladie actuelle. D’autre part, on ne
connaît pas de forme de « grippe » chez le pigeon. Cette espèce
est donc un « mauvais candidat » pour la transmission de
la grippe aviaire ou pour la falicitation de recombinaison génétique
entre le virus aviaire et les virus humains. Il n’y a pas de réelle
craintes à avoir a priori tant pour les pigeons eux mêmes que pour une
éventuelle transmission de la maladie à l’homme. Cependant, au hasard
de ces pérégrinations, un pigeon peut rencontrer le virus. Nous
l’avons vu, les canards sauvages excrètent facilement dans leurs
fientes diverses souches de virus influenza. Ces virus se retrouvent
parfois en grande quantité dans l’eau. Il suffit de voir en cette période
de l’année les innombrables Bernaches
cravants (sorte d’oie sauvage) qui « broutent » les
zostères du golfe du Morbihan pour se convaincre que cela est possible.
Si des rassemblement similaires se produisent en eau douce et, si les
pigeons boivent cette eau, il est alors possible qu’ils ingèrent des
particules virales et les excrètent durant quelques jours. C’est pour
cette raison que, bien que le pigeon soit insensible au virus Influenza,
les services vétérinaires pourraient interdire tout rassemblement de
pigeons et tout concours de voyageurs si le virus H5N1 faisait sont
apparition sur le sol français.
Il y a donc 2 raisons majeures qui permettent de comprendre pourquoi, en
Europe, on parle tant de la grippe aviaire actuellement. D’une part les
migrations de l’avifaune sauvage, en particulier aquatique, vont peut être
(probablement ?) amener le virus H5N1 qui risque de toucher les élevages
avicoles. D’autre part, la grippe humaine commence généralement à
balayer l’Europe en automne - hiver. Si ces 2 virus se rencontrent dans les mêmes cellules d’un
individu, alors, des recombinaisons pourraient avoir lieu et aboutir à
des virus nouveaux ou du moins, à des virus dont le pouvoir pathogène et
la contagiosité ne sont pas connus.
QUE FAIRE ALORS ? :
Pour les pigeons il n’y a pas lieu de modifier la conduite de l’élevage,
ni la préparation des expositions ou des concours pour l’année
prochaine. Au plus, pour les colombiers proches d’étangs fréquentés
par des canards sauvages, faut-il limiter les volées (il y a de toutes façons
la chasse qui ne permet pas de les laisser voler à longueur de journée).
Il faut cependant être conscient que des mesures administratives peuvent
être prises brutalement et empêcher
toute exposition de volailles et pigeons et tout concours de voyageurs
(cela s’est passé en 2003 en Belgique et aux Pays Bas).
Pour vous mêmes, il faut éviter de manipuler d’éventuels oiseaux
sauvages trouvés morts, en particulier les canards sauvages. Ils peuvent
être apportés dans les laboratoires départementaux d’analyses vétérinaires
qui ont reçu des consignes pour le « traitement » de ces
oiseaux.
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